Né le 9 septembre 1961 à Fontenay aux roses, Dom Garcia s’incrit dans une démarche proche de la photographie documentaire comme le définit Le photographe Martin Parr, c’est à dire «d’enregistrer et d’accumuler les signes de l’époque... la photo documentaire n’a pas de règles, on la perçoit quand on la voit...». En photographiant ces immeubles, son but n’est pas seulement de témoigner d’une manière objective sur les “parents pauvres” fonctionnels d’une architecture produite par la nécessité de loger les gens dans les années 60-70, mais de se dire que, paradoxalement, ces immeubles ont finit par avoir leur vie propre et une certaine beauté extérieure avec le temps. Ce n’est pas par hasard que cette période le fascine, elle correspond à sa propre enfance dans la banlieue sud de Paris et c’est certainement pour cela que l’imaginaire a sa place dans ses photographies.

La perception de la réalité et sa déformation est le sujet récurrent dans toutes ses séries. La nuit avec ses éclairages urbains et les néons publicitaires accentue l’artificialité de la couleur.

Pour les photos d’immeubles, Dom Garcia les photographie comme des entités uniques, le plus souvent frontalement, comme un portrait, dans une sorte d’intimité qui porte en elle une concentration d’histoires humaines. Ce sont particulièrement les espaces frontières qui l’attirent, là où il y a confrontation de plusieurs mondes. Le périphérique parisien en est l’archétype : c’est la vitesse confronté au statique, le sommeil des immeubles limitrophes confronté à une activité chaotique et bruyante.

A l’instar des nouveaux réalistes qui sortaient les objets de leur quotidien pour les donner à voir, Dom Garcia, avec l’aide de la nuit, révèle le quotidien le plus banal pour atteindre à une sorte de sur-réalité.